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16.12.2008

Michel de Grèce

m.de grèce 1.jpgHistorien et romancier, Michel de Grèce ne cesse de mêler ses deux passions, explorant la grande Histoire pour y déceler des intrigues romanesques. Le nouveau roman historique, à l’écriture ténue, du prince de Grèce, cousin du duc d’Edimbourg, du roi d’Espagne et de la reine du Danemark, “Le vol du Régent” (JC Lattès, 353 pp., env. 20 €), se déroule en 1792, quand la France, à feu et à sang, fait faillite. Alors que les bijoux de la Couronne sont confisqués, Anne-Louise, belle joaillière et espionne pour l’Angleterre, s’entoure d’escrocs pour tenter le casse de l’Histoire : voler près de dix mille pierres précieuses dont le Diamant bleu et le Régent, le plus gros diamant du monde. Aventure, corruption, suspense, espionnage, et bien sûr, histoire d’amour – “il n’existe aucun domaine au monde, même le plus sérieux, où il n’y aurait pas d’amour” –, le récit de ce cambriolage mêle de riches intrigues.

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19.09.2008

Delphine Bertholon

3021886ec2c52e8dd473947c3acc796c.jpgEcoutez Delphine Bertholon présenter son livre, "Twist" chez JC Lattès.

 


podcast

 

Photo: Tanguy Jockmans

Delphine Bertholon

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Trois voix qui s’entremêlent, trois genres littéraires différents : le récit épistolaire, le journal intime et la narration. Trois personnages reliés qui ne parviennent pas à se retrouver mais tissent la trame d’une histoire passionnante : Madison, 11 ans, est enlevée sur le chemin de l’école par un homme déséquilibré. Enfermée dans une cave, l’écriture d’un journal intime devient son moteur de survie au cours des cinq années de non-existence. Tandis que sa mère lui écrit des lettres pour ne pas accepter la disparition, Stanislas, un jeune enseignant, demeure dans le souvenir de l’amour que Madison lui vouait alors qu’il se débat avec une vie sentimentale tumultueuse. Des personnages qui créent “une cartographie de l’absence”. Avec beaucoup de justesse et d’émotion, Delphine Bertholon explore le thème de la liberté dans “Twist” (JC Lattès, 434 pp., env. 18 €).

L’enlèvement d’enfant est un sujet délicat, surtout avec les affaires récentes…

Mon point de départ, c’est Natacha Kampusch. Cette histoire tellement affreuse et qui se termine comme un conte de fées à la fois m’a fascinée mais je me suis très peu documentée, seulement basée sur le fait divers. Par contre, le fait que la petite fille s’appelle Madison n’a rien à voir avec la petite Maddie/Madeleine parce que j’ai écrit le livre avant. Comme il y a une histoire avec “Twist”, c’était impossible de changer le prénom. C’est un simple hasard malheureux.

Outre l’enfermement, ce sont aussi les états d’âme d’une jeune fille que vous abordez.Comment peindre l’adolescence ?

Cela faisait longtemps que je souhaitais évoquer l’adolescence sans trouver de point de vue original. J’ai relu tous mes journaux intimes, ce qui n’est pas forcément un exercice agréable… J’avais oublié à quel point les enfants sont cruels entre eux, c’est horrible d’avoir 12 ans ! Mais c’est un âge intéressant dans la mesure où il s’agit d’une transition, sans doute le moment de la vie où l’on est le plus vivant car le champ des possibles est infini, la chrysalide devient papillon. Avec Madison, j’ai voulu montrer comment cette petite fille laisse percevoir la femme qu’elle devient peu à peu. Développer la question de la force de vie dans des conditions d’enfermement est un paradoxe qui m’intéressait.

La solitude aussi ?

Tous les personnages sont très seuls. Quand on est seul, on est confronté à soi-même. On est obligé de réfléchir à la raison pour laquelle on est là, ce qu’on fait…

Au fond, c’est un roman sur la liberté ?

J’ai choisi un sujet pour parler du contraire. Evoquer la liberté en traitant une séquestration. Il y a une forme d’apprentissage, plus qu’un roman de la disparition, c’est un roman de l’apparition. Chacun apprend. Je souhaitais surtout montrer comment cette petite fille est infiniment plus libre que tous les gens qui sont dehors parce qu’ils ont cette tendance à s’enfermer dans de mauvais schémas alors que nous sommes libres de nos mouvements. La capacité à être heureux, c’est aussi un état d’esprit et on l’oublie parfois. Pour être heureux, il faut déjà le décider et ne pas se laisser enfermer par tout un tas de parasites.

Photo : Tanguy Jockmans

12.09.2008

Serge Bramly

fe66a155b20a6855d28383fbd11829ca.jpgEssayiste, romancier, amateur de photographie, Serge Bramly, né à Tunis en 1949, livre un roman surprenant qui retrace la face cachée de l’Histoire de la fin du XXe siècle. “Le premier principe Le second principe” (JC Lattès, 614 pp., env. 22 €) révèle toutes les affaires d’État au travers de quatre personnages, une princesse britannique, le photographe qui la traquait, un marchand d’armes suisse, un Premier ministre français qui pourrait s’appeler Pierre Bérégovoy. Depuis le mariage de lady Di en 1981 jusqu’à l’aube du XXe siècle sur les bords de la mer de Chine, Serge Bramly extrait la vérité des dissimulations et mensonges éhontés, avec un souffle littéraire ambitieux mais subtil.

Pour retracer l’histoire secrète de ces trente dernières années, vous avez dû effectuer un grand travail de documentation ?

Oui, mais c’était agréable. En réalité, je voulais écrire un livre qui se déroulerait dans les années 80 avec un photoreporter comme héros parce que ce métier est extraordinaire. En une journée, ils peuvent photographier une miss nue dans sa chambre d’hôtel puis assister à un discours au parti socialiste et à un colloque à la Sorbonne et finir par un concert de rock. J’aime cette idée d’avoir un pied dans toutes les couches de la société.

Qui est Max Jameson, votre héros ?

Ce photographe a été très proche d’un certain Premier ministre suicidé, il était aussi sur les traces d’une princesse, il avait une Fiat uno… C’est très romanesque, cet homme lié à deux disparitions tragiques et qui, lui-même, est décédé dans des circonstances pleines de mystère.

Tout est vrai. Rien n’est vrai. C’est un roman”. L’exergue sème le trouble…

Dans les faits, tout est vrai. Dans leur agencement et leur interprétation, rien n’est vrai. C’est le propre du roman. Je suis au plus près de la réalité mais je fais quand même jouer l’imagination dans ce que la vérité me laisse comme intervalles.

Quels sont ces deux principes de la thermodynamique ?

Ces lois ont été découvertes lors de la machine à vapeur mais on s’est rendu compte qu’elles sont universelles, applicables au cosmos. Le premier principe explique que tout corps se refroidit au contact d’un corps froid et que dans un système clos, le désordre est croissant. C’est proche de la pensée chinoise avec le yin et le yang. Dans la philosophie occidentale, on se définit par l’essence alors que dans la civilisation chinoise, on se définit par rapport à l’autre. On est quelqu’un vis-à-vis de quelqu’un. Ce sont aussi les procédés du roman. On commence par définir les personnages dans leurs rapports les uns aux autres. L’entropie, c’est aussi explorer la manière dont cela va évoluer.

Vous avez dit admirer les séries américaines pour leur maîtrise de la narration…

Elles m’influencent beaucoup. Sur le fait que le livre soit long et qu’il y ait beaucoup de personnages dont les vies s’entremêlent. Elles réinventent quelque chose qu’on avait oublié : une histoire peut se raconter de manière linéaire mais aussi de dizaines d’autres façons. Du point de vue technique, les scénaristes sont des génies. La brillante invention du “flash forward” en est l’illustration. La maîtrise de l’intrigue et de la narration est incroyable. Cela renoue avec la littérature de feuilletons du XIXe siècle, Alexandre Dumas par exemple.943a5c0eee9506e49676234848efc06d.jpg
Photo : Tanguy Jockmans