16.12.2008
Michel de Grèce
Historien et romancier, Michel de Grèce ne cesse de mêler ses deux passions, explorant la grande Histoire pour y déceler des intrigues romanesques. Le nouveau roman historique, à l’écriture ténue, du prince de Grèce, cousin du duc d’Edimbourg, du roi d’Espagne et de la reine du Danemark, “Le vol du Régent” (JC Lattès, 353 pp., env. 20 €), se déroule en 1792, quand la France, à feu et à sang, fait faillite. Alors que les bijoux de la Couronne sont confisqués, Anne-Louise, belle joaillière et espionne pour l’Angleterre, s’entoure d’escrocs pour tenter le casse de l’Histoire : voler près de dix mille pierres précieuses dont le Diamant bleu et le Régent, le plus gros diamant du monde. Aventure, corruption, suspense, espionnage, et bien sûr, histoire d’amour – “il n’existe aucun domaine au monde, même le plus sérieux, où il n’y aurait pas d’amour” –, le récit de ce cambriolage mêle de riches intrigues.
13:15 Publié dans Rencontres | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : michel de grèce, le régent, vol, histoire, roman, prince, jc lattès
28.11.2008
Daniel Charneux : "Nuage et eau"
Unsui ”, nuage et eau, moine itinérant. D’une écriture fluide, pure et simple, Daniel Char neux raconte la vie de Ryokan (1758 à 1831), moine zen japonais. Une vie intense, proche de l’essence du monde, en communion avec la nature, comblée par le vol des oiseaux, les jeux des enfants, le vent dans les feuilles, la croissance d’un bambou et les ricochets à la surface de l’eau. De sa belle écriture calligraphiée, Ryokan fige ces bonheurs purs pleins de sérénité avec des haïkus transcendés au crépuscule de sa vie par une rencontre avec une moniale, sage et aérienne, de quarante ans sa cadette, avec qui il entretint une correspondance poétique.Unsui ”, nuage et eau, moine itinérant. D’une écriture fluide, pure et simple, Daniel Char neux raconte la vie de Ryokan (1758 à 1831), moine zen japonais. Une vie intense, proche de l’essence du monde, en communion avec la nature, comblée par le vol des oiseaux, les jeux des enfants, le vent dans les feuilles, la croissance d’un bambou et les ricochets à la surface de l’eau. De sa belle écriture calligraphiée, Ryokan fige ces bonheurs purs pleins de sérénité avec des haïkus transcendés au crépuscule de sa vie par une rencontre avec une moniale, sage et aérienne, de quarante ans sa cadette, avec qui il entretint une correspondance poétique.
Ce roman biographique, “Nuage et eau” (Luce Wilquin, 230 pp., env. 20 €), Daniel Charneux – professeur de français et directeur d’école –, l’a écrit après avoir reçu le prix Charles Plisnier en 2007 pour “Norma, roman”, comme s’il avait fallu un signe. Et si le récit de cette vie d’ascète semble si juste, empli d’images poétiques, c’est parce que Daniel Charneux a lui-même pratiqué le zen plusieurs années.
Comment avez-vous découvert Ryokan ?
Par les haïkus. J’ai acheté un recueil de Ryokan par hasard et j’ai immédiatement été fasciné par son œuvre et, plus tard, grâce à une biographie, par sa vie.
Vous avez publié “Pruine du temps”, un recueil de haïkus. Qu’est-ce que ce genre représente pour vous ? Quelles sont les contraintes ?
Un haïku, c’est un regard instantané sur les choses. Comme une photographie avec des mots. Le haïku classique contient dix-sept syllabes en trois séquences, il existe aussi des haïkus libres mais j’aime cette musique de dix-sept syllabes, les contraintes techniques sont indispensables à toute forme d’art.
La fluidité et la simplicité de l’écriture ressemblent à la beauté pure du haïku.
En tant que professeur de français, la beauté existe quand il y a adéquation entre la forme et le fond. Si cela fonctionne, cela me réjouit. J’ai essayé de raconter cette histoire de la manière la plus limpide, la plus classique, sans effets de manche.
La vie de Ryokan est-elle exemplaire ?
C’est un idéal que vous partagez ? Oui. Il suffit de s’interroger un peu sur nos vies. On ne comprend plus rien au monde, on passe le plus clair de son temps à des choses pas très nécessaires, il y a une phrase qui dit “on perd sa vie à la gagner”. Notre vie est faite de superflu et on oublie souvent l’essentiel. Ryokan comprend qu’un bol, une hutte, le vêtement qu’il porte et la lune dans le ciel suffisent. Les meilleurs moments que l’on a vécus sont toujours liés à l’émotion, une rencontre, un chevreuil qui passe dans un bois… rien de matériel. Ce retour à l’essence même des choses est l’idéal bouddhiste, il pourrait aussi être mon idéal.
Dans la vie de Ryokan, il ne se passe rien et, pourtant, elle est si riche, si remplie…
C’était un défi sans doute. Pour écrire au début, je m’obstinais à entrer en méditation puis je m’installais pour écrire un chapitre et dans cette solitude, je m’obligeais à ressentir les mêmes conditions de vie que le moine reclus. Cette sensation de vie remplie, c’est la beauté de l’union entre le vide apparent et le plein réel alors que nos vies sont plutôt inversées, apparemment pleines mais en réalité vides.
12:21 Publié dans Rencontres | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : daniel charneux, nuage et eau, roman, japon, moine, bouddhisme, luce wilquin
25.11.2008
Olivier Poivre d'Arvor
Une femme, étrangère, à Paris. Recluse dans une chambre à Belleville qu’elle partage avec quatre ou cinq autres personnes, elle est venue chercher une vie meilleure. Alors qu’elle n’est pas concernée, la police frappe à la porte, et, paniquée, elle saute par la fenêtre.12:21 Publié dans Rencontres | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : olivier poivre d'arvor, le voyage du fils, roman, grasset
14.11.2008
Jean-Louis Fournier
Difficile de raconter pareil livre. Il n’y a que son auteur, Jean-Louis Fournier, qui puisse trouver les mots pour décrire ce sentiment, “sans pathos ni hara-kiri”. Bref récit composé de scènes de la vie quotidienne, l’homme évoque ses “deux fins du monde”. “Avoir un enfant handicapé, ça arrive, deux, c’est presque une erreur judiciaire.”
12:11 Publié dans Critiques | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : jean-louis fournier, prix femina, où on va, papa? stock, roman
26.09.2008
Nina Bouraoui
11:05 Publié dans Ecouter | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Nina Bouraoui, roman, Stock, interview, fichier audio, enregistrement
Nina Bouraoui
Quand j’ai terminé ce livre, j’ai pensé que les prémices se trouvaient déjà dans Paris selon l’amour, un livre maladroit, avorté. C’est en quelque sorte une réparation .” Dans “Appelez-moi par mon prénom” (Stock, 112 pp. env. 14,50 €) , Nina Bouraoui reprend le thème de l’errance amoureuse : une écrivaine rencontre dans une librairie de Lausanne un jeune homme suisse qui a réalisé un film inspiré du journal de la romancière. La narratrice rentre à Paris, mais le souvenir de P. la hante. Avec pudeur et élégance, Nina Bouraoui décrit les débuts de la passion, une fièvre amoureuse belle et intense. Après “La voyeuse interdite” (prix Inter, Gallimard) et “Mes mauvaises pensées” (prix Renaudot, Stock) Nina Bouraoui peint une histoire d’amour entre un homme et une femme, à la fois moderne et classique, d’une écriture nouvelle, intime, délicate;En quoi ce roman est-il en rupture avec vos livres précédents ?
Le mot “classique” est souvent utilisé dans le sens où le roman est écrit à l’imparfait alors qu’avant, j’utilisais beaucoup le présent. Le temps de la mélancolie s’applique à une histoire d’amour romantique entre un homme et une femme. Peut-être que la facture est plus classique parce que le vocabulaire est châtié... Tout est dans la retenue, même si le début de la passion est forte. J’ai voulu écrire un roman courtois, le classicisme est là.
“Les mots couvraient la vie en entier et me semblaient plus larges que les images.” Dans le roman, la parole dépasse les images ?
Justement, pourquoi avoir choisi une romancière?
“Appelez-moi par mon prénom” est très romantique.
11:04 Publié dans Rencontres | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Nina Bouraoui, roman, Stock, amour
19.09.2008
Delphine Bertholon
12:00 Publié dans Ecouter | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Delphine bertholon, audio, roman, écouter, Twist, JC Lattès
Delphine Bertholon
L’enlèvement d’enfant est un sujet délicat, surtout avec les affaires récentes…
Mon point de départ, c’est Natacha Kampusch. Cette histoire tellement affreuse et qui se termine comme un conte de fées à la fois m’a fascinée mais je me suis très peu documentée, seulement basée sur le fait divers. Par contre, le fait que la petite fille s’appelle Madison n’a rien à voir avec la petite Maddie/Madeleine parce que j’ai écrit le livre avant. Comme il y a une histoire avec “Twist”, c’était impossible de changer le prénom. C’est un simple hasard malheureux.
Outre l’enfermement, ce sont aussi les états d’âme d’une jeune fille que vous abordez.Comment peindre l’adolescence ?
Cela faisait longtemps que je souhaitais évoquer l’adolescence sans trouver de point de vue original. J’ai relu tous mes journaux intimes, ce qui n’est pas forcément un exercice agréable… J’avais oublié à quel point les enfants sont cruels entre eux, c’est horrible d’avoir 12 ans ! Mais c’est un âge intéressant dans la mesure où il s’agit d’une transition, sans doute le moment de la vie où l’on est le plus vivant car le champ des possibles est infini, la chrysalide devient papillon. Avec Madison, j’ai voulu montrer comment cette petite fille laisse percevoir la femme qu’elle devient peu à peu. Développer la question de la force de vie dans des conditions d’enfermement est un paradoxe qui m’intéressait.
Tous les personnages sont très seuls. Quand on est seul, on est confronté à soi-même. On est obligé de réfléchir à la raison pour laquelle on est là, ce qu’on fait…
Au fond, c’est un roman sur la liberté ?
J’ai choisi un sujet pour parler du contraire. Evoquer la liberté en traitant une séquestration. Il y a une forme d’apprentissage, plus qu’un roman de la disparition, c’est un roman de l’apparition. Chacun apprend. Je souhaitais surtout montrer comment cette petite fille est infiniment plus libre que tous les gens qui sont dehors parce qu’ils ont cette tendance à s’enfermer dans de mauvais schémas alors que nous sommes libres de nos mouvements. La capacité à être heureux, c’est aussi un état d’esprit et on l’oublie parfois. Pour être heureux, il faut déjà le décider et ne pas se laisser enfermer par tout un tas de parasites.
Photo : Tanguy Jockmans
11:57 Publié dans Rencontres | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Delphine Bertholon, rencontre, roman, JC Lattès, Twist, interview
16.09.2008
Philippe Blasband
Un an après la sortie du film "Irina Palm" avec Marianne Faithfull, réalisé par Sam Garbarski, paraît le roman à partir duquel Philippe Blasband a construit le scénario. L'intrigue, transposée en Angleterre, à la manière de "The Full Monty", dans le film se déroule en réalité à Bruxelles.
Ancienne hôtesse d'accueil à la RTBF, Maguy veille sur son petit-fils, Félix, atteint d'une maladie orpheline. Les parents se détournant de leurs responsabilités, Maguy doit trouver une solution pour financer un traitement extrêmement cher qui, seul, permettrait de le sauver. Malheureusement, à son âge, personne ne veut l'employer. C'est donc désespérée qu'elle tombe par hasard sur une affichette dans le quartier de la gare du Nord : "Cherchons hôtesse".
Dans une petite pièce sombre du "Sexy Fun", elle redevient "hôtesse" : les hommes affluent en nombre pour avoir le privilège d'obtenir les soins de celle qu'on appelle désormais "Irina Poignet", si consciencieuse qu'elle sera atteinte d'un "pénis elbow".
AVEC HUMOUR ET PUDEUR
On reconnaît l'influence du cinéma dans l'écriture de l'auteur-scénariste belge Philippe Blasband - "Le tango des Rashevski", "De cendres et de fumées", "Le livre des Rabinovitch". Des phrases courtes, précises, imagées, font se dérouler l'action en saynètes.
Comme un conte social, tout en pudeur et retenue, Philippe Blasband peint le portrait de personnages délicats qui révèlent une force de caractère insoupçonnée. "Une hôtesse, c'est fort comme un soldat", se répète la grand-mère à longueur de temps pour se donner du courage. C'est le portrait d'une femme dont l'inquiétude la dévore tant que la litanie, "Il faut que je trouve de l'argent, il faut que je trouve de l'argent, il faut que je trouve de l'argent..." devient insupportable. La solution s'impose alors, à n'importe quel prix.
Philippe Blasband interroge l'amour, ici, l'amour d'un enfant, ou, jusqu'à quelle extrémité peut-on s'avilir pour la protection d'un autre. Jusqu'où l'espoir, comme la lumière de la guérison, peut-il être entretenu ?
Pourtant, si "Irina Poignet" aborde des thèmes graves, mêlant injustice, adversité, trahison et déception, le petit roman ne touche pourtant jamais au larmoyant. Au contraire, c'est avec beaucoup d'humour, légèreté et drôlerie que l'écrivain décrit les tribulations de Maguy, alias Irina, sans jamais tomber dans le graveleux. Il a l'art de raconter l'histoire de personnages ordinaires embrigadés dans des situations extraordinaires. La cocasserie l'emporte alors sur le vent du fatalisme car c'est la beauté de l'histoire qui compte, pas la dénonciation d'une réalité troublante. Ainsi, quand le maquereau intraitable se révèle pétri d'amour ou quand l'enfant tant chéri déçoit sa grand-mère, ce conte moderne effleure les forces et les faiblesses des hommes, avec tendresse.
Une fable sur l'audace et le courage au féminin.
Irina Poignet Philippe Blasband, Le Castor Astral, 160 pp., env. 13 €
06:25 Publié dans Critiques | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : irina Poignet, Philippe Blasband, roman, Irina Palm
12.09.2008
Serge Bramly
10:42 Publié dans Ecouter | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Serge Bramly, roman, le premier principe le second principe, lattès, audio




Ecoutez Nina Bouraoui lire un extrait de son livre "Appelez-moi par mon prénom" (Stock).


